Autre

Publié: 3 décembre 2022 dans Poésie

  Autre

De nos violons désaccordés
tendre deux cordes entre nous
funambules et nos vies comme un chant

Les roses s’écarlatent sur la tranche du Sol
Et le rouge fondra contre les draps le soir

On chante l’absolu d’une oreille seulement
parce que le vide sous la corde
simplement
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Les larmes aux yeux

Publié: 2 avril 2018 dans Poésie

Plus loin de moi

les courses au vent au trot au pas

plus loin encore

ne pas comprendre

 

un monde sans moi

petite étoile éparpillée dans

une galaxie fuyante

une planète fongicide

des vivants morts d’être las

 

et l’herbe qui flottille aux abords

quand je longe près de toi les rivières enlacées

les forêts d’écureuils aux épines ensemencées

jamais de me lasser de te dire que je t’aime

 

le renard trop pressé devant nous

juste aux limites du concevable

et le sommet des bouleaux

qui de tangage s’épouvante

ainsi je ne me lasse pas de te dire que je t’aime

 

malgré le monde sans moi

 

écrasée par le silence des vivants morts d’être las

 

malgré cette odeur insupportable après le soir

dans les champs butinés de germicide

près des nuages radioactifs des chaleurs électriques

des orques enplastiquées des mers trop pleines

 

Pourtant

toujours

je continue de chavirer mes pas près des tiens

dans la tourbe et les espaces immenses

le regard perdu les mains serrées

 

les larmes aux yeux

La feuille

Publié: 24 mars 2018 dans Poésie

Elle est posée là
Fragile et tremblante encore

Au son des vents d’hiver

elle baigne ses nervures à nu
dans l’éclat gris des flaques bitumeuses
Et je ne sais d’elle ou de moi celle
qui

elle est tombée tout à l’heure
poussée par les bourgeons pressés
une miraculée de givre
une dentelle suspendue gracile hésitante

L’hiver est un silence qu’on n’ose pas fléchir

je ne sais d’elle ou de moi celle
qui

Je l’aurais bien prise dans ma main

Froide et mouillée

Mais de sa peau n’aurait subsisté qu’une
infime parcelle du limbe
Celle entre mes doigts

Et de ce morceau d’elle j’aurais fait un linceul

Mais je ne sais d’elle ou de moi
Celle qui

 

Solitude

Publié: 19 mars 2018 dans Poésie

Les liens tendus jusqu’aux …

les liens étirés de sons non dit partis
et la courbe insipide du temps
cognée aux affres éperdus des désirs morts

les cloches qui s’effritent
sans bruit
curieusement
Les cloches affligées qui sonnent
un silence aux peaux absentes

Un silence

de l’oreille
attentivement
je guette un retour de murmure
un mot seulement

pour que se brisent
ma tentation
insolemment
mon goût des mutismes
du sauvage
acerbe
âpre

… apogées glacées des solitudes

 

Ici

Publié: 4 mars 2017 dans Poésie

A manger la terre je m’engage
plutôt deux fois qu’une
en gage d’alliance future même cendres

Mais d’ici là je la foule un peu plus chaque jour
la martèle de pointes impétueuses
mal embouchées
irrégulières

Je souligne ma peau aux accents des horizons
aux sommets des lointains inaccessibles

Mes pas

même si l’osmose inévitable

crayonnent des entrelacs cloués et indécis
entre les pinceaux verts de la boue des chemins

C’est avec toi que je déambule
avec toi que je file entre les près et les chutes
les rivières au nom résonnant
en l’amertume du froid et l’odeur du soleil

Parce que n’attendant plus que ne survienne

Nous martelons la terre

En silence

Croire

Publié: 16 février 2017 dans Poésie

Imaginaire

aux limites faussaires

ce paradis prédit

qui ne tient qu’à un fil

aux canulars

aux espoirs redoutés

Ce paradis que l’on n’espère pas

Et ne tient qu’à un fil

le tien

celui de tes agrégations

à l’ombre de ta mère

Il voudrait

l’homme

il croit parfois

Il voudrait

l’homme

Être

alias empathique

compatissant et douloureux

un autre

qui n’existe pas

Il faudrait

lui donner incarnadin et turbulence

il faudrait le broder

de soie de taffetas enveloppants

le maquiller d’or et d’embruns

l’inventer enfin

Il faudrait

l’homme

le croire

Ainsi serait-il

Le rire des enfants

Publié: 13 mars 2016 dans Poésie

 

 

Sans titre

Mouchoirs

Publié: 13 mars 2016 dans Poésie

Une pièce de tissu rappeuse

jetée aux ordures par mégarde

parce qu’inutile lorsque d’autres horizons

 

J’ai écouté longtemps séché les larmes

fait de mes mains des volutes charitables

petites caresses rugueuses

 

Un pont entre la douleur et vous

 

et puis plus rien …………………………… rien

 

combien de fois

combien de fois plus rien

 

silhouette effilée sur l’eau qui enfle

 

le bruit des orbes humides et seule encore

 

dans la coquille enfermée aux abords de ….

 

enfermée

 

aux abords

 

de….

 

Un seuil entre la douleur et vous

 

La bouche ouverte close sur le vide et l’eau qui enfle

un bruissement derrière le mur du son

un mot même pas un mot

 

une pièce de tissu piétinée

avant que la silhouette ne se noie

parce que l’eau vient sans bruit

 

Moi et la douleur

 

coquille

 

aux abords

 

de…

 

vos indifférences

mouchoirs1

Le Vent

Publié: 20 août 2014 dans Poésie

Effiloche fuyante sur les traînées de gris

le vent la pousse

ou elle le prend entre ses ailes

d’elle la fuite se désire

d’elle la fuite se désole

la ligne est souple loin devant les fenêtres fermées

elle tangue du nord au sud

et les infimes libertés n’osent affronter

les élans fermes

les bourrades fragiles et incertaines

Des traits vifs batailleurs aux flancs des cotonnades

une hirondelle et le vent qui s’attisent

une hirondelle et le vent

plus haut encore

j’entends les hurlements sourds des comètes

et le choc muet des géants

où je m’éloigne

une hirondelle entre les reins  

Requiem

Publié: 8 juillet 2014 dans Poésie
Requiem

 

                        Au bout des brumes

                        aux cris soudains des asthénies

                        j’entends de loin

                        les violons les cortèges

                        solennels et fervents

                        des aiguillons de fer

                        des puissances fébriles

                        des cuivres des tambours

                        de mon amour et de mes larmes

 

                        Derrière la brume

                        les cloches vibrent silencieuses

                        une à une en lenteur monodique

                        en syncopée tragique

                        aux portes des pas des suivants

                        des fidèles à la lune

 

                        Mais je danserai encore

                        entre les souffles

 

                        Quand le violoncelle

                        solitaire

                        agrippera ma jupe

 

                        Et nous déconstruirons le brouillard

                        note à note

 

                        Mes particules et le reste du monde

                        essaimant doucement

                        les mémoires des voyages

                        aux rives décousues

 

                       Et l’encens

                       dessus les braises

                       brûlantes

                       les nuées terminales

                       Et la valse

                       aux étoiles naissantes